À la recherche de l’inspiration perdue

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Le syndrome de la page blanche, la traversée du désert, le trou noir de l’inspiration… Les métaphores ne manquent pas pour décrire ce que tout écrivain va forcément traverser un jour ou l’autre. En écriture, ce passage à vide (tiens, encore une métaphore) n’est bien évidemment pas une fin en soi mais parfois la base nécessaire à de grandes idées.

À la recherche de l'inspiration perdueCombien de fois me suis-je retrouvé devant mon clavier avec une farouche envie de pianoter sans pour autant parvenir à me lancer ? Que ce soit pour le simple plaisir d’écrire ou pour répondre à un appel à texte, le besoin de s’exprimer est si fort qu’il vous scotchera littéralement sur votre feuille ou votre écran sans pouvoir regarder ailleurs. Pourtant, s’acharner est bien souvent nuisible à la créativité lorsque l’on est en manque d’inspiration, il faudra donc savoir s’arrêter d’écrire pour mieux y revenir. Voici dans le désordre quelques techniques que je pratique à titre personnel pour me remettre sur les rails.

La méditation zen des bouddhistes de l’infini du cosmos

Cette méthode qui nous vient de l’antiquité est… bon, j’avoue, j’ai inventé ce titre foireux parce que je ne savais pas quoi mettre. Alors l’idée ici est d’utiliser un lit, un carnet et de la musique. J’avais déjà fait un bref article sur le fait d’écrire en musique mais personnellement, je l’utilise également beaucoup en amont, quand les idées n’existent pas et que j’ai besoin d’en trouver.
Pour faire simple, je m’allonge avec un casque et une playlist qui concorde à peu près avec ce que je veux écrire question ambiance et je me laisse porter, les yeux fermés. Attention à bien préparer votre musique pour ne pas devoir y toucher toutes les cinq minutes. N’hésitez pas à prendre un carnet et un stylo également, toute idée qui vous viendra à ce moment sera cruciale.

Boire au puits

Encore une métaphore ! L’idée n’est pas de chercher en nous ce que nous pourrions écrire mais d’aller trouver l’inspiration là où elle existe. Je ne parle pas ici d’aller lire un livre, qui ne pourraient que ralentir votre processus de création mais de prendre une heure pour regarder un reportage, vous promenez dans la rue ou boire un café seul à une terrasse (même l’hiver oui, le froid est excellent pour titiller votre muse). C’est du classique, je n’invente rien bien entendu mais cela ne fait pas de mal de le répéter n’est-ce pas ?

Multiplier une idée

Disons qu’après vous êtes endormis ou avoir attrapé la grippe en terrasse, vous tenez une idée. Une seule idée. C’est déjà bien mais vous estimerez que ce n’est pas suffisant probablement. Cela peut être une scène, une invention farfelue, un personnage ou même un trait particulier d’un personnage qui n’existe pas encore. Alors comment arroser suffisamment cette petite graine d’idée pour en faire un chef d’œuvre de la littérature ou plus simplement pour commencer, une histoire qui tient la route ?
Il existe une multitude de méthodes d’écriture qui va vous amener à développer votre matériel de base. Celle que je connais le mieux pour l’avoir déjà pratiqué est la méthode flocon, dont je parle ici. Pour résumer, la méthode flocon consiste à travailler par étape en commençant par résumer l’idée en une phrase et à la développer peu à peu pour la grossir et en faire finalement un important travail préparatoire.

Inventorier les impasses

Cette fois, c’est Emma Coats, ancienne storybordeuse chez Pixar, qui m’a inspirée cette manière de contourner le manque d’idées. La situation est la suivante : vous écrivez un roman ou une nouvelle et, arrivé à un certain point de votre histoire, vous bloquez net. Vous avez déjà sorti toutes les scènes bonus que vous gardiez dans votre tiroir et votre protagoniste n’a plus rien à faire. Dans l’un de ces 22 conseils pour écrire – que je vous ai résumé juste – Emma Coats explique qu’en cas d’impasse, il peut être constructif de lister tous les événements qui ne sont absolument pas susceptibles d’arriver. Au bout d’un certain nombre d’essais, à force de vous focalisez sur l’impossible, vous devriez être en mesure d’entrevoir le possible. Tout bête, mais diablement efficace !

Le mot de la fin

N’oubliez pas qu’écrire doit partir d’une envie. Si l’inspiration ne vient toujours pas, laissez tomber quelques jours, partez à l’aventure, offrez-vous une virée dans l’espace ou que sais-je encore. Écrire n’est pas une contrainte mais un plaisir. Si votre muse vous a abandonné, laissez-lui le temps de revenir parce que si écrire est votre passion, elle reviendra toujours.

Par simple curiosité, c’est quoi votre astuce bien à vous pour négocier votre créativité avec votre muse ?

A propos de l'auteur :

Créateur du Renard Loquace. Petit auteur à ses heures perdues, gamer de l'infini branché scène indépendante. Animal préféré : le renard.

 

9 commentaires

  1. Mel

    28/01/2014, 22:53

    Dès que je termine d’écrire quelque chose, je souffre plus ou moins durablement du syndrome de la page blanche. ça peut durer des mois. Mon remède : avoir une vie cérébrale très active. Ne pas écrire ne signifie pas ne pas cogiter. Tant que je n’ai pas une bonne idée avec un bon point de départ, je n’écris pas. Au début, ça m’inquiétait de ne pas faire ma page du jour. Maintenant, je me dis que tant que je cogite sur mon idée, sur une scène ou un personnage, c’est du temps de gagné quand je serai en phase d’écriture.

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    • Maxence

      28/01/2014, 23:05

      Oui, j’ai eu une période « stress » comme ça où ne pas écrire m’angoissait. Mais au final, écrire pour écrire n’est pas forcement un exercice positif pour moi puisque je finis par me décourager de ce que je suis en train de raconter au lieu de le mettre de côté et de cumuler les bonnes idées et de cogiter comme tu dis. Après, il y a toujours une période « coup de pied au train » où il faut que je mette devant mon PC et que je me lance. Sinon, tu essayes de te faire quelques exercices un peu cadré pour relancer la machine ?

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      • Mel

        28/01/2014, 23:11

        Non pas du tout. Enfin si, je tiens un blog sur le cinéma et même si ce n’est pas un exercice de littérature pure, écrire un simple article est un excellent entrainement, surtout quand on en a déjà fait plus de 200 derrière et qu’il faut renouveler ses arguments. D’ailleurs, je n’ai pas supprimé les chroniques les plus anciennes parce qu’elles permettent de montrer l’évolution de mon écriture. Elles ne sont pas spécialement bonnes mais tant pis.
        Je n’ai plus autant de temps pour les écrire mais je m’astreins à écrire un article de temps en temps pour ne pas être trop rouillée.
        Sinon, je ne fais aucun exercice. J’aimerais bien, mais je ne suis pas assez bien organisée au niveau du temps

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        • Maxence

          28/01/2014, 23:25

          C’est clair qu’il faut dégager un peu de temps pour ça mais certains exercices me permettent vraiment de retrouver un rythme quand je n’écris pas depuis longtemps. Après, c’est sûr que c’est plus sympa d’en faire à plusieurs, pendant un atelier d’écriture ou avec des potes mais bon, je n’ai pas toujours l’un ou l’autre sous la main :) Mais si tu écris des articles, tu dois sûrement garder un certain rythme quelque part donc pas forcement de pratiquer l’exercice d’écriture.

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          • Mel

            28/01/2014, 23:31

            Au lycée, j’écrivais avec une amie (pendant nos cours d’économie… C’est mal) et c’est vrai que c’était assez stimulant. Je connais pas mal de gens qui écrivent mais j’avoue que je n’ai jamais écrit en groupe. ça doit être sympa. Sauf que j’ai toujours un peu honte de ce que j’écris donc j’ai du mal à faire partager ou à en parler.
            En tout cas, super site, je le garde sous le coude!

  2. Maxence

    29/01/2014, 10:52

    Ne jamais avoir honte de ce qu’on écrit ! C’est pas forcement évident mais c’est important puisque c’est en se soumettant au jugement des autres que l’on progresse, ce qui n’est pas facile si tu as honte de ce que tu fais ^^

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    • Mel

      29/01/2014, 18:16

      N’ayant jamais été du genre à être satisfaite de ce que je fais, j’ai du mal à en tirer de la fierté. Ma « honte » vient du fait que je n’arrive pas à atteindre la perfection (et c’est impossible de toute façon).

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      • Maxence

        29/01/2014, 18:23

        Là, je ne peux que te comprendre ! Mais depuis que j’ai participé au Nanowrimo, j’ai appris à arrêter de me demander si ce que j’écris est bien ou pas parce qu’avant, à vouloir être trop parfait, je revenais sans cesse en arrière et je perdais en rythme. résultat : je ne finissais qu’un travail sur trois. Maintenant, j’écris sans m’arrêter et quand mon histoire est bouclée, je me permet d’essayer de frôler la perfection qui de toute façon et comme tu le dis, je n’atteindrais jamais.
        Mais il faut se rassurer : même les grands auteurs doutaient de leurs textes donc à notre échelle, c’est normal de ressentir ce malaise :)

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  3. Mel

    29/01/2014, 18:36

    Le temps me manquait pour succomber au frénétisme de la Nanowrimo mais je me suis inscrite sur un forum pour me forcer à terminer le premier jet de mon prochain roman. Certains passages sont vraiment pourris mais pour tenir les délais, j’ai avancé quand même et je l’ai terminé la semaine dernière. Maintenant libre à moi de le réécrire 4 ou 5 fois mais la trame est faite!

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