Améliorer les dialogues de ses récits

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Les dialogues, voilà un élément crucial de vos histoires ! Ce sont eux qui rythment les scènes, donnent du volume à vos personnages (qui s’exprimeront enfin ouvertement avec leur style et leur vocabulaire) et qui vous permettent de faire rapidement évoluer votre histoire. Pourtant, écrire des dialogues est difficile. Enfin je corrige, écrire de bons dialogues est difficile. Voyons ensemble comment améliorer la qualité de vos échanges.

Améliorer les dialogues de ses récits

Un peu de typographie

Avant de penser à ses dialogues, il faut se fixer une règle typographique. Parce que vous l’avez remarqué, tous les livres n’utilisent pas la même et pour une raison simple : il en existe principalement deux en France. C’est un choix important alors assurez-vous qu’il soit adapté à votre façon d’écrire et surtout, n’en changez pas en cours de route. La première est la règle typographique française, la seconde est la règle anglo-saxonne. Nous verrons de quoi il s’agit un peu plus loin.

Traditionnellement, les guillemets marquent l’ouverture d’une phrase orale qui se détache de la narration. Un personnage prend la parole donc vous voulez le souligner.
Exemple :
Kezhaa se lève brusquement. « Je vous ai assez entendu pour aujourd’hui, sortez de chez moi ».

Il y a ensuite l’ouverture d’un réel dialogue et pas seulement d’une phrase unique.
Exemple :
Le prince Varkzoz se retourne vers son rival, l’air moqueur. « Votre habileté à l’épée ne dépasse pas celle de mon neveu. Et il est encore au berceau.
— Vous devriez prendre exemple sur lui dans ce cas, je suis sûr qu’il se tient mieux aux mamelles de sa mère que vous à votre coupe-papier ».

Maintenant, revenons à nos deux règles typographiques. Je ne vais pas en détailler la totalité ici mais me concentrer sur ce qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir les dialogues.

Dans la règle française, les guillemets sont très présents et, nous l’avons vu, assurent à l’auteur de pouvoir différencier la narration des dialogues.
Exemple :
« Il fait froid ce soir, dit-elle, tremblante. Nous ferions mieux de rentrer.
— Très bien madame, je vous suis, fait le prince Varkzoz.
— Refermez bien derrière vous surtout ».

Dans la règle anglo-saxonne, les guillemets sont tout simplement absente. Cette règle est autant utilisé par des auteurs français et ce, pour diverses raisons (fluidité, style d’écriture…).
Exemple :
— Il fait froid ce soir, dit-elle, tremblante. Nous ferions mieux de rentrer.
— Très bien madame, je vous suis., fait le prince Varkzoz.
— Refermez bien derrière vous surtout.

C’est à vous de faire votre choix. Personnellement, quand j’ai un doute, j’ouvre un livre dont j’apprécie la mise en page et je m’en inspire.

Dernière petite remarque au passage, le tiret cadratin (—) est le seul et unique tiret que vous devez utiliser pour vos dialogues, oubliez les – et les – ou pire, les _ (j’ai déjà vu, ne riez pas). Et puisque je parle de guillemets, j’évoque rapidement une autre question que se posent sûrement beaucoup d’auteurs : comment transcrire un monologue ? Encore une fois, tout est question de style. Certains incluront les pensées dans le récit, en gardant le narrateur neutre, d’autres écriront en italique tiens j’ai faim moi hum une pomme et d’autres utiliseront les guillemets. Cette dernière option est selon moi trop lourde donc à éviter. Pour le reste, c’est à vous de voir !

Un dialogue doit être pertinent

C’est sûrement le conseil que j’ai le plus entendu. Dans un récit, encore plus dans une nouvelle selon moi, les dialogues doivent avoir une réelle utilité et faire avancer votre intrigue. Je ne dis pas que vos personnages sont obligés de se livrer leurs pires secrets à chaque interaction mais il faut que vous vous posiez la question : ce dialogue va-t-il apporter quelque chose au lecteur ? Ce quelque chose peut être vaste tel qu’approfondir un personnage, donner des explications sur votre monde sous couvert de discussion… Si oui, gardez le dialogue. Si non, arrangez-vous pour l’inclure dans la narration.

Un dialogue doit être crédible

Encore un challenge pour l’auteur. L’idée ici est de trouver un juste milieu entre la conversation ultra réaliste et la conversation ultra littéraire.

Ultra réaliste :
— Ouais, c’est sûr, j’me suis trompé dans euh, la… tu sais, le truc pfff, tu vois ?
— Bin non, j’vois pas c’que tu veux dire.

Ultra littéraire :
— Je réalise soudainement que je me suis trompé, ne comprends-tu pas ?
— Non, je ne vois absolument pas ce que tu veux dire.

Pour le premier, nous avons un dialogue au micro. C’est moche, c’est plein d’hésitations et de blancs et c’est difficile à lire. Pour le deuxième, nous avons un dialogue irréel ou sorti d’une autre époque. Selon son univers, son style d’écrire et surtout, le caractère de ses personnages, il faut savoir se positionner. N’oubliez pas, vous écrivez à priori pour le plaisir de vos lecteurs donc plus vos dialogues auront l’air authentique et plus ils accrocheront.

Un dialogue doit être cohérent

Cela peut paraître logique mais lorsqu’on écrit, on oublie parfois certains détails que l’on a souhaité mettre en avant deux pages en arrière. Le lecteur attentif aura très vite le plaisir de vous en faire la remarque. Quelques points à vérifier dans ses dialogues :

  • La manière de s’exprimer : un personnage pauvre en vocabulaire n’utilisera pas à priori de mots tels que misanthrope, aptonyme ou pogonophores. Au contraire, un personnage éduqué pourra en user plus logiquement.
  • Les descriptions : Pour signaler quel personnage parle, les dialogues sont entrecoupés de petites phrases descriptives. Ici encore, évitez de changer tous les deux paragraphes. Il est évident que personne n’aime les répétitions seulement je préfère voir le prénom de votre personnage cinq fois en vingt lignes plutôt que d’avoir un doute sur qui prend la parole.
  • Attention à qui dit quoi : Si vous, en tant que créateur de votre récit, avez connaissance de votre univers en entier, ce n’est pas toujours le cas de vos personnages. Il faut toujours se mettre de son point de vue pour savoir si oui ou non, un chasseur de la planète Xezh vivant dans sa cabane est au courant du décret impérial sur l’interdiction de chasser le Blorp.

Un dialogue doit être travaillé (encore et encore)

Encore du bon sens. C’est d’ailleurs tout votre texte qui doit être travaillé mais je suis d’avis que le dialogue est un organe essentiel d’une narration. Il faut donc lui porter une attention soutenue pour attiser l’intérêt du lecteur. Évitez les répétitions d’informations, choisissez bien les mots que vous employez et n’hésitez pas à « parler » votre dialogue (pourquoi pas à haute voix) pour savoir s’il sonne juste à l’oreille. Et puis soyez sévère avec vous-même, si une ligne de dialogue ne vous convient pas, ne la laissez pas tomber, travaillez-la jusqu’à ce être satisfait.

Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui vu la longueur de cet article. N’hésitez pas à réagir et à me donner votre avis sur la question surtout et à bientôt pour de nouveaux conseils sur le Renard Loquace !

A propos de l'auteur :

Créateur du Renard Loquace. Petit auteur à ses heures perdues, gamer de l'infini branché scène indépendante. Animal préféré : le renard.

 

3 commentaires

  1. Upsilonn

    08/09/2014, 14:30

    Merci pour cet article (et pour tous les autres d’ailleurs) ! Je n’avais jamais entendu parler du « cadratin » auparavant, et après quelques recherches je me mords les doigts de me voir si peu avertie en matière de ponctuation et de typographie. Encore une fois, c’est un article très enrichissant (j’ignorais aussi la différence entre les systèmes français et anglo-saxon) et pour avoir joyeusement erré par ici ces derniers temps, je peux dire que, bon sang de fichtre, votre blog est une « petite » merveille.
    En ces temps où ma volonté et mon inspiration se laissent dangereusement grignoter, les conseils et exercices d’écriture que vous semez ici sentent bon l’infini des possibles, et je crois sentir les idées germer de nouveau ! Bon, voilà, je m’étale mais vraiment, je tenais à vous faire part de mon intérêt pour votre travail, c’est tout beau, c’est formidable, et je suis en phase de devenir une de vos lectrices assidues !
    Merci !

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    • Avorpal

      08/09/2014, 15:13

      Alors je me dois de vous adresser un grand merci pour ces louanges !
      L’objectif de ce site est justement, de venir en aide aux auteurs, quel que soit leur niveau ou leur motivation. Car oui, l’écriture est affaire de motivation avant tout. Il en faut de la volonté pour transposer une idée sur le papier, de passer des heures tête à tête avec son travail et de finalement, le soumettre à l’appréciation de nos lecteurs.
      En tout cas, repassez quand vous voulez, inspirez vous de nos articles et écrivez ! C’est tout ce que je peux vous souhaiter :)

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