Les pantins cosmiques, de Philip K. Dick

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Que l’on soit clair d’entrée de jeu, Philip K. Dick est depuis longtemps et restera encore très longtemps mon auteur favori tous genres confondus. C’est avec lui que j’ai goûté pour la première fois à la science-fiction, c’est lui qui m’a donné envie d’écrire de la science-fiction et c’est de l’un de ses livres dont je vais vous parler aujourd’hui : les Pantins Cosmiques – the Cosmic Puppets de son titre original.

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Ted Barton est un homme ordinaire qui travaille dans les assurances à New York. Désireux de prendre quelques vacances avec sa femme, il décide de faire un petit détour par rapport à son plan initial afin de retourner dans la ville de son enfance : Millgate, en Virginie. Mais très vite, le malaise s’installe : Ted ne reconnait plus la ville de ses souvenirs. Le nom des rues ont changé, le parc a laissé place à des boutiques à l’abandon et surtout, personne ne semble connaître ceux qui vivaient ici autrefois. Pire encore, il découvre après avoir effectué quelques recherches sur sa famille que si celle-ci a bien vécu à Millgate, lui-même serait mort de la scarlatine à l’âge de neuf ans. Ted perd pied, il ne sait plus quoi penser.

C’est sur cette base d’intrigue que reposent les pantins cosmiques. Pourtant, au-delà de la recherche d’identité de ce pauvre Barton, ce sont des enjeux bien plus importants qui se déroulent à Millgate…

La recherche de soi

Si Philip K. Dick est largement connu pour ses récits en science-fiction, n’oublions pas qu’il s’est également aventuré dans d’autres genres, dont le fantastique. Les Pantins Cosmiques, écrit en en 1956, est le troisième livre de l’auteur. Et cela se sent dans la qualité inégale de certaines scènes, qui pourraient être perçues comme maladroites. Pourtant, l’ensemble se lit avec facilité et surtout, grand plaisir. L’intrigue se dévoile petit à petit et bien que certains personnages puissent irriter à force de tourner autour du pot, cela renforce l’immersion et la sympathie que nous éprouvons pour le héros. Après tout, nous sommes nous aussi plongés dans la confusion, c’est donc avec grand intérêt que nous suivons l’enquête de Ted Barton qui veut simplement comprendre ce qu’il est et pourquoi il semble autant intéresser ces mystérieuses forces surnaturelles qui le dépassent.

Lettre à Philip

Si j’aime autant les récits de Philip K. Dick, c’est parce qu’il parvient, avec une simplicité qui lui est propre, à dérouler sa narration sans hésiter une seule seconde. Je parlais de maladresses un peu plus haut mais je pense qu’il s’agit plutôt d’une confrontation entre ce style qui en était à ses balbutiements à cette époque et un style plus affirmé que nous retrouvons dans le Maître du Haut Château ou Substance Mort. De plus, ses incursions dans le genre fantastique ont été peu nombreuses, ce qui donne à l’histoire un charme et une fraîcheur bienvenue.

Je ne peux malheureusement pas évoquer l’intrigue sans vous spoiler mais pour vous donner un avant-goût sans gâcher les révélations, sachez que Ted Barton se retrouvera très rapidement pris dans la tempête d’un conflit qui est loin d’être binaire comme nous pourrions nous y attendre de prime abord. C’est donc dans ce surprenant contexte que le héros va batailler aussi bien pour sa vie que pour retrouver un semblant d’identité – une thématique récurrente chez Philip K. Dick.

Le mot de la fin

Si vous n’avez jamais lu de livres de l’auteur, ce n’est pas forcément celui-là que je vous conseillerais pour commencer mais si vous êtes à la recherche d’une histoire courte – 188 pages au compteur – et extrêmement prenante, les Pantins Cosmiques est fait pour vous. Et si vous connaissez Philip K. Dick sur le bout des doigts, à vous de voir si vous souhaitez découvrir une autre facette de son travail, probablement moins connue mais qui mérite largement que l’on s’y attarde.

A propos de l'auteur :

Créateur du Renard Loquace. Petit auteur à ses heures perdues, gamer de l'infini branché scène indépendante. Animal préféré : le renard.

 

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